Voyage au cœur du monde numérique

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San Francisco

Avec une quinzaine d’experts de Worldline provenant d’horizons divers, j’ai eu la chance de partir une semaine dans la Silicon Valley pour y rencontrer certains des acteurs majeurs du monde numérique d’aujourd’hui. L’objectif était d’échanger et de s’enrichir de ces contacts, et indirectement de faire profiter de cette expérience l’ensemble de notre entreprise.

Les rencontres que nous avons faites ont été d’une grande diversité. Nous avons rencontré des fournisseurs, des partenaires potentiels, et nous avons rencontré des poids lourds californiens sur le radar desquels Worldline n’apparait pas, mais qui ont accepté bien volontiers de nous ouvrir leurs portes.

Le niveau des discussions que nous avons pu avoir là-bas a été à la hauteur de nos espérances. Nous avons été souvent directement en contact à la fois avec les décideurs au plus haut niveau et les experts techniques les plus pointus.

Chez Visa

La méthode Silicon Valley

Ce qui nous a frappé d’emblée, le point commun à l’ensemble de nos rencontres, c’est la découverte de la « méthode » Silicon Valley. Efficacité, rapidité, fluidité, compétition, coopération.

Un exemple marquant : Netflix. Les employés n’ont ni horaires de travail ni congés à déclarer, ils travaillent sur les sujets qu’ils choisissent, ont les moyens qu’ils souhaitent. Je cite « Ce ne sont pas les ingénieurs qui travaillent pour les managers mais les managers qui travaillent pour les ingénieurs ». Le prix à payer ? Un recrutement élitiste et des exigences implacables : chaque année l’entreprise ne se pose pas la question de savoir si elle souhaite que vous partiez, mais si elle souhaite que vous restiez. Pas directement applicable en France, néanmoins comment ne pas être interpellé par l’insolent succès de cette approche ? Ne remettrait-il pas en cause la pertinence de la place que nos entreprises donnent à leurs développeurs, souvent cantonnés à un rôle d’exécutant ?

Une autre illustration de cette recherche de fluidité permanente c’est le rapport des entreprises entre elles : la coopétition, c’est-à-dire la fusion de la coopération et de la compétition. Malgré une concurrence féroce, les entreprises n’hésitent pas à coopérer entre elles, ou à ouvrir et mettre à disposition de tous les résultats de leurs travaux. Contrairement à ce qu’on pourrait voir en France ou ce type de comportement serait l’objet de choix stratégiques, pris en haut lieu et au cas par cas, il s’agit ici d’une approche naturelle et ancrée dans les mentalités. Toujours Netflix, chaque développeur peut prendre l’initiative d’open-sourcer son code ; la décision est simplement validée par ses pairs.

Il est notable que ce « système » compétitif / collaboratif est mis en avant par ces entreprises comme une des raisons majeures de leur installation dans la Silicon Valley, malgré les problèmes qu’elle leur pose en terme de coût et de difficulté de recrutement. C’est cette synergie générale entre tous les acteurs qui fait la force du lieu.

Vue de Threatmetrix

Evoluer pour survivre

Tout le monde a en tête la startup californienne qui invente le monde de demain et en devient un acteur majeur. Bien sûr, celle-ci est, par définition, à la pointe des évolutions du monde numérique. Plus étonnant, même les mastodontes d’âge vénérable semblent avoir cette capacité à rester en pointe, non pas simplement d’un point de vue purement technologique mais en se réinventant entièrement pour survivre. Deux exemples, assez similaires, que nous avons rencontrés : Hitachi et NetApp. L’un comme l’autre acteurs majeurs du stockage, l’un comme l’autre ont réalisé que leur croissance future dépendait de leur capacité à conquérir les secteurs stratégiques de demain. D’où la décision de partir de leur position de leader sur les couches basses, et progressivement, d’évoluer en montant des offres solides dans les couches plus hautes, typiquement le Cloud et l’IA, par des acquisitions et des efforts colossaux de R&D interne. Rien de très original, pourrait-on dire, bien sûr ce discours sur la « montée dans la chaine de valeurs » on l’entend partout. Mais ce qui frappe c’est le volontarisme, les moyens, l’efficacité dans la mise en œuvre.

Hitachi

Un regard privilégié

Bien d’autres rencontres encore, souvent au plus haut niveau, nous ont permis d’avoir ce regard privilégié sur les rouages de la Silicon Valley : Apigee nous présentant, au delà de ses solutions techniques, la vision du futur des collaborations inter-entreprises qu’elle promeut, Threatmetrix ou encore Azul discutant et débattant avec nos experts de leurs technologies et de leurs challenges avec un niveau de détail et de technicité auquel nous ne nous serions pas attendu, ou encore un fond d’investissement, dont nous ne dévoilerons pas le nom, nous donnant le rare privilège de découvrir sa mécanique interne…

En reunion

Et après ?

Cette expérience aura été extrêmement enrichissante pour moi-même, et, je n’en doute pas, pour l’ensemble des collègues qui ont eu l’occasion d’y participer. On en aura retiré une meilleure compréhension des mécanismes qui font le succès des entreprises de la Silicon Valley. Ces mécanismes ne sont généralement pas directement réplicables dans le contexte de Worldline, mais les idées sous-jacentes seront sans aucun doute source d’inspiration dans les projets que nous aurons à mener et, le cas échéant, dans les choix stratégiques que nous serons amenés à prendre ou sur lesquels nous serons amenés à influer.

Expert Journey

Merci à Marc Lejeune, Loïc Frering et Edouard Primault pour leur photos.

Pour un autre regard sur ce voyage, je vous conseille la lecture de cet article de Marc Lejeune.

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Written by

Julien Carme

Data Scientist. Data Analytics and Data Product Development and Industrialization.